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L'abbaye
au début du 19e siècle.
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L'abbaye
en 1920.
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| L'abbaye aujourd'hui. |
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Le
monastère cistercien
Né
en Bourgogne en 1098, sous l’impulsion de Robert de Molesme puis de
Saint Bernard, l’idéal monastique cistercien se réclame
de Saint Benoît de Nursie (480-507). La règle de Saint Benoît
se veut miséricordieuse et tempérée. Tous les moines
d’occident lui obéissent et régulièrement, des
réformateurs s’élèvent contre les trahisons dont
elle est l’objet.
Au XIe siècle, les fondateurs de Cîteaux, souhaitant revenir
à l’esprit de la règle, refusent les compromis des moines
bénédictins avec le monde et leur mépris pour le travail
manuel. Naît alors le nouvel ordre cistercien, caractérisé
par un mode d’organisation propre.
Le monastère cistercien est conçu comme une cité idéale.
Chaque abbaye se doit d’être économiquement autosuffisante.
Chacune d’elle jouit d’une grande autonomie dans la gestion de
la vie quotidienne, dans le respect de la charte de l’Ordre.
L’architecture, les aménagements et l’organisation spatiale
de toute abbaye cistercienne répondent avant tout aux besoins d’une
communauté contemplative qui vit du travail de ses mains.
L’Abbaye
du Relec (1132-1793) :
six siècles d’occupation cistercienne
L’an
1132 serait la date de fondation de l’abbaye du Relec par des moines
cisterciens venus du monastère de Bégard (Côtes d’Armor).
En ce début de siècle, naissent une dizaine de « filles
» de Cîteaux en Bretagne. Le site du Relec est un fond de vallée.
Les ressources nécessaires à la vie y abondent : eau, bois,
landes, affleurements de schistes et granit à proximité ; il
se situe à l’écart des centres urbains, dans une région
peu peuplée où subsistent de vastes espaces à défricher.
L’abbaye du Relec est donc installée dans un lieu favorable à
l’application de l’idéal cistercien.
Le Relec prend rapidement son essor. Pendant trois siècles, l’abbaye
prospère : les moines s’adonnent à l’édification
d’un monastère répondant aux principes bernardins, à
savoir la prière, l’étude et le savoir, les travaux de
la vie quotidienne, la mise en valeur des terres, l’exploitation énergétique
et agricole de la ressource en eau.
Ces moines défricheurs appliquent un mode de tenure de leur patrimoine
foncier qui assure la prospérité du domaine et attire de nombreux
paysans. Ce mode original de gestion, la « quévaise »,
rompt avec l’organisation féodale classique. Les caractéristiques
de ce contrat ont largement marqué les paysages et les mentalités
de cette région, marques encore décelables aujourd’hui.
Les possessions de l’abbaye s’étendent rapidement au delà
des communes proches du monastère, dans les trois évêchés
du Trégor, du Léon et de Cornouaille.
Ces surfaces défrichées, cultivées et pâturées,
se répartissent en quatre « membres » ou « granges
» dont chacune forme une seigneurie de laquelle dépendent différentes
métairies et possessions.
Le XIVe marque l’apogée du rayonnement économique et culturel
du Relec. Cependant, si les moines du Relec vivent pendant un temps selon
la doctrine cistercienne, ils ne tardent pas à s’en écarter.
En 1498, la duchesse Anne autorise les moines à posséder quatre
poteaux de justice. Des privilèges économiques (foires, marchés,
droit de billots...) y sont liés. Ceci n’épargne cependant
pas au monastère du Relec les luttes de pouvoir et le début
d’un déclin progressif de cette communauté. Guerres, maladies,
famines... puis, au XVIe , l’instauration du système de la commende1,
freinent l’épanouissement de l’ordre cistercien au Relec.
Et si l’abbaye connaît deux grandes phases de restauration à
la fin du XVIIe et au XVIIIe, elle ne survit pas à la Révolution
et les bâtiments monastiques tombent en ruine.
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